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Calculer les déperditions thermiques d'un bâtiment

Dimensionnez votre système de chauffage en calculant les déperditions thermiques par transmission, renouvellement d'air et ponts thermiques. Ce calculateur utilise la méthode NF EN 12831 pour la puissance instantanée, combinée aux données constructives 3CL-DPE 2021 (coefficients U par époque, facteurs b, zones climatiques). Trois modes de saisie du coefficient U : preset par époque, type constructif ou composition manuelle couche par couche.

Méthodologie

Bilan de déperditions

La puissance calorifique qui s'échappe de l'enveloppe d'un bâtiment par température extérieure de base se décompose en trois postes :

Φtotal=Φtransmission+Φrenouvellement+Φponts\Phi_{total} = \Phi_{transmission} + \Phi_{renouvellement} + \Phi_{ponts}

Les déperditions par transmission correspondent à la chaleur traversant les parois opaques (murs, toiture, plancher) et vitrées (fenêtres, portes) vers l'extérieur ou vers des locaux non chauffés. Les déperditions par renouvellement d'air couvrent l'énergie nécessaire pour réchauffer l'air neuf (ventilation + infiltrations). Les ponts thermiques sont les pertes supplémentaires aux jonctions de l'enveloppe où l'isolation est interrompue.

NF EN 12831 vs 3CL-DPE 2021

La NF EN 12831 est la norme européenne de calcul des déperditions en régime permanent. Elle fournit la puissance instantanée (en watts) nécessaire pour maintenir la consigne par température extérieure de base — c'est la méthode de référence pour dimensionner les émetteurs et le générateur.

La 3CL-DPE 2021 évalue la consommation annuelle en kWh/m²/an pour l'étiquette énergétique (A à G), en intégrant apports solaires, ECS, éclairage et auxiliaires. Son objectif est le diagnostic, pas le dimensionnement.

Le calculateur combine les deux : rigueur de calcul EN 12831 pour la puissance, données constructives 3CL-DPE (U par époque, tables de bb, zones climatiques) pour l'accessibilité des entrées.

Coefficient de transmission thermique UU

Le coefficient UU (W/m²·K) quantifie le flux de chaleur traversant 1 m² de paroi pour 1 °C d'écart :

U=1Rsi+R1+R2++Rn+RseU = \frac{1}{R_{si} + R_1 + R_2 + \ldots + R_n + R_{se}}

RsiR_{si} et RseR_{se} sont les résistances superficielles et Ri=ei/λiR_i = e_i / \lambda_i la résistance de chaque couche (ee en m, λ\lambda en W/m·K).

Trois modes de saisie sont disponibles : preset par époque (valeurs typiques des réglementations successives, d'avant 1948 à RE 2020), type constructif (sélection du mur + épaisseur, U de base 3CL-DPE ajusté par l'isolation), composition manuelle (empilement couche par couche, le plus précis).

ParoiU non isoléU RT 2012U RE 2020
Mur parpaing 20 cm2,5 W/m²·K0,28 W/m²·K0,20 W/m²·K
Mur béton 20 cm3,5 W/m²·K0,28 W/m²·K0,20 W/m²·K
Toiture tuiles + combles2,0 W/m²·K0,18 W/m²·K0,13 W/m²·K
Fenêtre simple vitrage5,0 W/m²·K
Fenêtre double vitrage1,4 W/m²·K1,1 W/m²·K

Facteur bb : parois sur local non chauffé

Les parois séparant le volume chauffé d'un local non chauffé (garage, cage d'escalier, vide sanitaire, combles non aménagés) utilisent un coefficient bb d'atténuation :

Φ=U×S×b×(TiTe)\Phi = U \times S \times b \times (T_i - T_e)

Avec b=1b = 1 pour une paroi sur extérieur, b=0b = 0 entre deux pièces chauffées, et 0<b<10 < b < 1 sur local non chauffé. Les valeurs sont issues des tables 3CL-DPE 2021 selon la configuration du LNC. Un garage non isolé adjacent donne typiquement b0,70b \approx 0{,}70 à 0,850{,}85.

Déperditions par le sol

Le plancher bas ne suit pas la logique des parois verticales : le sol agit comme un volant thermique dont l'effet dépend de la géométrie du bâtiment. La méthode 3CL-DPE utilise un coefficient UeU_e (U équivalent) déterminé par interpolation dans des tables à double entrée :

Φsol=Ue×S×(TiTe)\Phi_{sol} = U_e \times S \times (T_i - T_e)

Les entrées sont le UpbU_{pb} du plancher nu (sans effet du sol) et le rapport caractéristique 2S/P2S/P (surface sur périmètre exposé). Trois configurations sont distinguées : vide sanitaire/sous-sol, terre-plein avant 2001 (sans isolation périphérique courante) et terre-plein après 2001 (isolation périphérique imposée). Un bâtiment compact (grand 2S/P2S/P) a un UeU_e plus faible qu'un bâtiment allongé de même surface.

Ponts thermiques

Deux modes de calcul sont proposés :

Mode forfaitaire — Un coefficient multiplicateur kptk_{pt} s'applique aux déperditions de transmission : Φponts=Φtransmission×kpt\Phi_{ponts} = \Phi_{transmission} \times k_{pt}. Valeurs typiques : ITI 0,20\approx 0{,}20 à 0,250{,}25, ITE 0,05\approx 0{,}05 à 0,100{,}10, sans isolation 0,05\approx 0{,}05.

Mode linéique — Plus précis, chaque jonction est calculée par son coefficient ψ\psi (W/m·K) et sa longueur :

Φpont=ψ×L×(TiTe)\Phi_{pont} = \psi \times L \times (T_i - T_e)

Cinq jonctions sont prises en compte : plancher bas/mur (ψpb\psi_{pb}), plancher intermédiaire/mur (ψpi\psi_{pi}), plancher haut/mur (ψph\psi_{ph}), refend/mur (ψrf\psi_{rf}) et menuiseries/mur (ψmen\psi_{men}). L'ITE réduit drastiquement tous ces coefficients en enveloppant la structure dans un manteau isolant continu.

Renouvellement d'air

La puissance de déperdition par renouvellement d'air se calcule par :

Φair=0,34×Qv×(TiTe)\Phi_{air} = 0{,}34 \times Q_v \times (T_i - T_e)

0,340{,}34 W·h/m³·K est la capacité thermique volumique de l'air et QvQ_v le débit total (m³/h), somme du débit de ventilation et des infiltrations.

Système de ventilationQvQ_{v} (m³/h/m²)
VMC SF autoréglable (avant 1982)1,47
VMC SF autoréglable (1982–2000)1,21
VMC SF autoréglable (après 2000)1,14
VMC SF hygroréglable A0,74
VMC SF hygroréglable B0,44
VMC DF avec échangeur certifié (η=80\eta = 80 %)0,05
Ventilation naturelle par conduits1,47
Ventilation naturelle par ouverture de fenêtres3,50

Les infiltrations parasites dépendent du coefficient de perméabilité Q4PaQ_{4Pa} (débit de fuite sous 4 Pa) : 1,70 m³/h/m² pour un bâtiment ancien, 0,60 en RT 2012, 0,40 en RE 2020.

Surpuissance de relance

Après un régime réduit (nuit, absence), le générateur doit fournir une surpuissance pour remonter la température :

Φrelance=fRH×ΔTreˊduit×Sh\Phi_{relance} = f_{RH} \times \Delta T_{réduit} \times S_h

fRHf_{RH} est le facteur de relance (W/m²/°C, fonction de l'inertie et de la durée du réduit), ΔTreˊduit\Delta T_{réduit} l'amplitude de réduction (typiquement 3 °C) et ShS_h la surface habitable.

Inertie8 h10 h14 h
Légère456
Moyenne345
Lourde234
Très lourde223

La puissance du générateur doit couvrir Φtotal+Φrelance\Phi_{total} + \Phi_{relance}, majorée de 10 à 20 % pour l'ECS et les pertes de distribution en chauffage.

Zones climatiques et température de base

La température extérieure de base (TeT_e) est déterminée par la zone climatique (H1a à H3) et l'altitude. Le calculateur la détermine automatiquement à partir du département et de l'altitude saisis.

ZoneExemplesTbaseT_{base} (0-200 m)
H1aNord, Pas-de-Calais−7 °C
H1bÎle-de-France, Centre−7 °C
H1cAlsace, Franche-Comté−8 °C
H2aBretagne, Normandie−4 °C
H2bPays de la Loire−4 °C
H2cAquitaine, Midi-Pyrénées−5 °C
H2dLanguedoc, Provence int.−3 °C
H3Côte d'Azur, Corse−3 °C

Correction : environ −1 °C par tranche de 200 m d'altitude supplémentaire.

Limites et précautions

Ce calculateur traite le bilan thermique en régime permanent (puissance instantanée par température de base). Il ne calcule pas la consommation annuelle (utiliser un calcul DPE 3CL pour cela). Il ne prend pas en compte les apports gratuits (solaires, internes), qui sont pertinents pour la consommation annuelle mais pas pour le dimensionnement du chauffage au jour le plus froid. Pour un bilan multi-pièces complet avec zonage et intermittence, un logiciel de simulation thermique dynamique (STD) est plus adapté.

Cas d'usage

Dimensionner le chauffage d'un pavillon en rénovation

Vous rénovez un pavillon de 100 m² des années 80 en Île-de-France (zone H1b, Tbase=7T_{base} = -7 °C). Saisissez les parois existantes (parpaing + 4 cm PSE, combles + 10 cm LDV, double vitrage ancien 4/6/4) et la VMC simple flux autoréglable. Le calculateur donne les déperditions actuelles (~7,2 kW). Modifiez ensuite les parois pour simuler la rénovation (ITE 12 cm, 30 cm laine soufflée, double vitrage argon, VMC hygro B) : les déperditions tombent à ~2,7 kW. L'écart vous donne la nouvelle puissance cible du générateur — une PAC 4-5 kW suffit là où il fallait une chaudière de 10-12 kW.

Vérifier le dimensionnement d'une chaufferie collective

Un immeuble de 30 logements en zone H1c (Besançon, Tbase=10T_{base} = -10 °C à 300 m d'altitude) dispose d'une chaufferie de 250 kW. Saisissez l'enveloppe moyenne (murs RT 2005, double vitrage, VMC hygro B) et la surface totale. Si le bilan donne 180 kW de déperditions + 15 kW de relance, soit 195 kW, la chaufferie est surdimensionnée de 28 % — ce qui dégrade le rendement de la chaudière en mi-saison et provoque du cyclage. Le calcul justifie un remplacement par un générateur adapté.

Comparer ITI et ITE sur un bâtiment tertiaire

Un bureau d'études doit chiffrer deux scénarios de rénovation thermique pour un bâtiment de bureaux de 2 000 m². Saisissez les parois actuelles (béton 20 cm non isolé, U=3,5U = 3{,}5), puis simulez l'ITI (doublage 10 cm, ponts thermiques forfaitaires kpt=0,20k_{pt} = 0{,}20) et l'ITE (manteau 14 cm, kpt=0,05k_{pt} = 0{,}05). Le mode linéique permet de visualiser l'impact précis de chaque jonction. L'écart de déperditions totales entre ITI et ITE — souvent 15 à 25 % en faveur de l'ITE — alimente directement le calcul de retour sur investissement.

Outils complémentaires

  • Perte de charge hydraulique — Une fois les puissances des émetteurs déterminées, calculez les débits et dimensionnez les canalisations de votre réseau de chauffage.
  • Réseau hydraulique — Dimensionnez le réseau complet multi-tronçons avec sélection de pompe et équilibrage, à partir des débits issus du bilan thermique.
  • Diagramme air humide — Déterminez les propriétés de l'air pour dimensionner les CTA et vérifier les conditions de confort aéraulique.

Normes et références

  • NF EN 12831-1 — Calcul des déperditions thermiques de base, méthode de calcul
  • 3CL-DPE 2021 — Méthode de calcul conventionnel du diagnostic de performance énergétique (arrêté du 31 mars 2021)
  • RT 2012 / RE 2020 — Réglementations thermiques françaises (exigences de performance de l'enveloppe)
  • DTU 68.3 — Installations de ventilation mécanique
  • NF EN 13829 — Détermination de la perméabilité à l'air des bâtiments (test blower door)
  • Recknagel, Sprenger, Schramek — Manuel pratique du génie climatique

Ce calculateur est proposé gratuitement par Nexylo. Pour gérer vos projets CVC de bout en bout, découvrez notre ERP pour bureaux d'études.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre déperditions et DPE ?
Les déperditions (EN 12831) donnent la puissance instantanée en watts nécessaire pour maintenir la consigne par grand froid — elles servent à dimensionner le chauffage. Le DPE (3CL-DPE 2021) évalue la consommation annuelle en kWh/m²/an en intégrant apports solaires, ECS, éclairage et auxiliaires — il produit l'étiquette énergie. Un logement classé D à Paris et un logement classé D à Nice n'ont pas la même puissance de chauffage à installer.
Comment déterminer le coefficient U d'un mur existant ?
En rénovation, trois approches : le mode « preset par époque » donne des valeurs typiques selon l'année de construction et la réglementation applicable. Le mode « type constructif » permet de sélectionner le matériau (parpaing, brique, pierre, béton) et d'ajouter l'isolation existante. Pour un mur atypique, le mode composition manuelle empile les couches avec leur conductivité λ ou leur résistance R.
Les ponts thermiques pèsent-ils vraiment dans le bilan ?
Oui, significativement en ITI. En isolation par l'intérieur, les jonctions mur/plancher, mur/refend et pourtour de menuiseries représentent typiquement 20 à 25 % des déperditions de transmission. En ITE, cette part tombe à 5-10 %. C'est l'un des arguments techniques majeurs en faveur de l'ITE en rénovation performante.
Comment estimer les déperditions sans connaître les compositions exactes ?
Le mode « preset par époque » est conçu pour cela. Sélectionnez la tranche d'âge du bâtiment (avant 1948, 1948-1974, RT 1974, RT 1988, etc.) et le calculateur applique les coefficients U typiques de chaque réglementation. C'est suffisant en avant-projet pour un pré-dimensionnement. Affinez ensuite en composition manuelle pour le calcul définitif.
Faut-il intégrer les apports solaires dans le dimensionnement du chauffage ?
Non. Le dimensionnement se fait par température extérieure de base, au jour le plus froid de l'année, généralement avec un ensoleillement faible ou nul. Intégrer les apports solaires sous-dimensionnerait le système. Les apports sont en revanche pris en compte dans le calcul DPE pour évaluer la consommation annuelle réelle.
Comment dimensionner une PAC à partir des déperditions ?
La puissance de la PAC doit couvrir les déperditions totales + la surpuissance de relance à la température de base, en tenant compte du COP à cette température. À −7 °C, le COP d'une PAC air/eau chute à 2,0-2,5 : la puissance électrique nécessaire est donc Φ_total / COP. Si les déperditions dépassent la capacité de la PAC au point d'équilibre, un appoint (résistance électrique ou chaudière) est nécessaire.

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